Dépôts

Le Trésor des eaux

Les fouilles subaquatiques

Entre 2001 et 2003, trois campagnes de fouilles subaquatiques ont été menées conjointement par les archéologues du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marine (DRASSM) et les bénévoles de la Société spéléologique de Fontaine-de-Vaucluse au sein de la résurgence de la Sorgue à Fontaine-de-Vaucluse.

Les plongeurs ont mis au jour 1 624 pièces de monnaie en bronze, en argent et en or, emprisonnées dans les fissures des parois du gouffre, à une profondeur comprise entre 20 et 25 mètres.

Revenues à la surface, ces pièces ont été étudiées par le Service régional de l’archéologie (SRA). Leur analyse a permis d’enrichir la connaissance sur la circulation monétaire et les cultes des eaux durant l’Antiquité en Gaule narbonnaise. En effet, pendant près de six siècles, des visiteurs gallo-romains, assimilables à de premiers proto-touristes sur le site de la Vallée Close, ont jeté leur obole en hommage aux divinités de la spectaculaire exsurgence. Aujourd’hui, chacune de ces pièces contribue à mieux comprendre les pratiques votives associées au lieu.

Chronologie des dépôts monétaires du site

La découverte, en 2003, d’une petite monnaie de bronze datée de la période 70-30 av. J.-C., parfaitement conservée, permet de dater le début des offrandes monétaires sur le site.

Après un hiatus dans la première moitié du Ier siècle, l’usage se généralise à l’époque flavienne pour atteindre un pic à la fin du IIe siècle, sous les règnes d’Antonin le Pieux et de ses successeurs. Au IIIe siècle, la frappe des monnaies de bronze diminue fortement. Pourtant, on trouve à Fontaine-de-Vaucluse des monnaies très rares à l’effigie de Valérien et de Trébonien Galle qui révèlent probablement une influence italienne. Une nouvelle recrudescence de la fréquentation du site est observée pendant la première moitié du IVe siècle, période où la monnaie d’or devient le centre du système monétaire et fiscal de l’Empire, représentant environ 45% des monnaies retrouvées. Par la suite, le flux monétaire se raréfie. Le début du Ve siècle est cependant représenté par une pièce remarquable et très rare : une demi-silique de Lyon au nom de Constantin III.

Le dépôt et l’exposition du trésor au musée François Pétrarque

Restait, à l’issue de cette étude, à définir un lieu de conservation et d’exposition pour ce trésor. Les inventeurs, Roland Pastor et Thomas Soulard, ont exprimé le souhait qu’il reste au plus près de la Sorgue et de son lieu de découverte.Ainsi, en 2008, le trésor a été déposé auprès du Département de Vaucluse pour une mise en valeur au musée-bibliothèque François Pétrarque. Une vitrine avec médaillier est alors aménagée au dernier étage du musée permettant d’exposer les trésors du trésor, soit une trentaine de pièces de monnaie particulièrement remarquable par leur beauté ou leur rareté.

Une nouvelle scénographie

En 2026, le parcours permanent du musée-bibliothèque François Pétrarque est remanié : la vitrine du trésor est déposée pour laisser place aux collections dédiées à René Char.

Une nouvelle scénographie est actuellement à l’étude afin de mieux mettre en valeur ces pièces, tout en respectant les normes de conservation et de sécurité. Dans l’attente de sa réinstallation, les numismates qui le souhaitent peuvent consulter les 1 624 pièces sur demande de rendez-vous, via la plateforme dédiée.