Traitement préventif et curatif de collections par anoxie

En avril 2026, 36 objets ont été traités par anoxie par la société 3PA afin d’éliminer les insectes sans produits chimiques, tout en renforçant la formation des équipes et les protocoles de conservation préventive.

Avril 2026

Préparation d'objets contaminés afin de les traiter par anoxie

Face à la saturation progressive des réserves réparties sur trois sites muséaux, une opération de transfert des collections a été engagée à l’automne 2025 vers la nouvelle réserve externalisée à Memento. Réalisés entre octobre et novembre 2025, ces mouvements d’objets ont eu pour objectif d’améliorer les conditions de conservation, de rationaliser le stockage des collections et de préparer de futures campagnes de récolement et de conditionnement.

Quelques semaines après l’installation des objets dans ce nouveau site, des traces d’infestation ont été constatées en janvier 2026 sur plusieurs contenants et matériaux organiques, issus essentiellement du patrimoine scientifique et technique. Bien que limitées, ces observations ont conduit les équipes des musées à mettre en place des mesures conservatoires immédiates afin d’éviter toute propagation aux autres collections.

Dans le domaine patrimonial, les infestations biologiques représentent un risque majeur pour les collections. De nombreux insectes xylophages ou kératophages - tels que les vrillettes, anthrènes ou mites - peuvent détériorer durablement les objets composés de bois, textile, cuir, papier ou matériaux composites. Une surveillance régulière des réserves et des mouvements d’œuvres constitue donc une étape essentielle de la conservation préventive.

Afin de traiter les 36 objets, concernés dans des conditions adaptées, la société 3PA (Protection et Préservation du Patrimoine), spécialisée dans le traitement par Anoxie, est intervenue en avril 2026 pour la mise en place de deux bulles d’anoxie thermosoudées au sein des réserves. Cette technique, aujourd’hui largement utilisée dans les institutions patrimoniales, permet d’éliminer les insectes à tous leurs stades de développement sans recourir à des produits chimiques.

Anoxie statique

Le procédé d’anoxie statique consiste à placer les objets dans une enveloppe parfaitement étanche contenant des sachets absorbeurs d’oxygène. La réduction progressive du taux d’oxygène crée un environnement incompatible avec la survie des insectes et de leurs larves. Le traitement nécessite plusieurs semaines selon les matériaux, les volumes traités et les conditions climatiques (22 degrés minimum jour et nuit sans variation). Des capteurs permettent de contrôler en permanence le taux d’oxygène, la température et l’hygrométrie afin de garantir l’efficacité du protocole tout en assurant la bonne conservation des œuvres.

Bulles de protection par anoxie

Au-delà du traitement lui-même, cette intervention a également constitué une opportunité de formation pour une partie de l’équipe des musées. Les agents ont pu être sensibilisés aux principes de la conservation préventive, à l’identification des indices d’infestation, aux règles de manipulation des objets contaminés ainsi qu’au fonctionnement des dispositifs d’anoxie. Cette montée en compétence des équipes contribue à renforcer la capacité de réaction des musées face aux risques sanitaires pouvant affecter les collections.

Cette opération rappelle l’importance des protocoles de quarantaine, du suivi sanitaire des réserves et de la vigilance lors des transferts de collections. Elle s’inscrit dans une démarche plus large d’amélioration des conditions de conservation et de sécurisation du patrimoine confié aux musées.

En images