Gérer des dossiers au quotidien

La bonne gestion de ses archives permet à l’administration de garder une trace fiable et opposable de ses engagements et décisions, de ses droits et de ceux des usagers. Il est indispensable d'organiser les dossiers dès leur ouverture et de les trier régulièrement afin d’éviter une charge de travail supplémentaire à leur clôture.

Les bons gestes pour la tenue des dossiers

Les bons gestes

Tout dossier est organisé en chemises et sous-chemises en papiers neutres. Pour anticiper l’étape du préarchivage et faciliter des recherches ultérieures, il est conseillé d’indiquer sur chacune d’entre elles le plus d’informations possible :

  • intitulé (titre)
  • objet du dossier
  • action administrative (procédure suivie)
  • types de documents
  • lieux concernés
  • dates

Bon à savoir

  • Brouillons, doublons, documents préparatoires sont à éliminer régulièrement afin de privilégier les documents datés et signés.
  • Bannir post-it, scotch et trombone métallique, les pochettes plastiques et de couleur

Quelques règles pour faciliter l’archivage

  1. Ouvrir un dossier par thématique : un dossier rassemble tous les documents relatifs à une même affaire.
  2. Ne pas mêler documentation et archives : les documents produits et reçus par un service sont des documents originaux soumis à des règles de traitement. La documentation non produite par le service est éliminable sans contrôle des archives départementales. Veiller à séparer physiquement dans des chemises identifiées les documents de conservation définitive et les documents éliminables à terme.
  3. Maintenir un ordre cohérent dans le dossier : réaliser un classement logique.
  4. Identifier clairement un dossier : un dossier doit être identifié au minimum par un titre (intitulé), une action administrative (objet), le type de documents (typologie) et des dates. Ces éléments constituent la carte d’identité du dossier. Exemple : Personnel de mairie, attribution de la médaille du travail : liste des bénéficiaires (2015-2018).
  5. Clôturer un dossier : avant d’archiver définitivement un dossier, il est important que chaque agent producteur prenne le temps de réaliser ces quelques tâches qui feront gagner du temps à l’archiviste et de l’espace dans le local d’archives : éliminer les doubles, imprimés vierges et brouillons, reclasser chronologiquement le dossier et ses sous-dossiers, vérifier que le titre et les dates soient correctement indiqués sur les chemises.
  6. Mettre en boîte : utiliser des boîtes d’archives de 10 cm de largeur. Si le dossier est très fourni, constituer plusieurs boîtes en utilisant des sous-titres.
  7. S’occuper de ses archives régulièrement : ne pas attendre une période creuse pour se lancer dans l’archivage… cela n’arrive jamais… ou alors vous prendrez cela comme une punition et ne le ferez pas…

Le traitement des arriérés

Lorsque l’archivage est laissé à « l’état de friche », il convient de rattraper le retard selon les étapes suivantes :

  • effectuer tout d’abord un état des lieux afin de localiser toutes les archives ;
  • donner de l’espace pour la suite du tri ;
  • jeter la documentation, les piles d’exemplaires non distribués ou de formulaires vierges ;
  • procéder ensuite à la description (analyse) des dossiers en renseignant leur intitulé et les typologies des documents.

La dernière étape

  • éliminer les documents pouvant être détruits avec le bordereau de visa d’élimination ;
  • remettre les archives définitives (« historiques »), accompagnées d’un bordereau de versement, aux Archives départementales ;
  • pré-archiver les documents dont la durée d’utilisation administrative n’est pas échue.

L’organisation du préarchivage

Les documents d’archives ont trois phases de vie dont la durée varie selon leur nature. À chaque étape correspond un lieu de conservation.

Le stockage des archives intermédiaires dans un local dédié présente de nombreux avantages :

  • désengorger les bureaux,
  • garantir l’identification des dossiers et leur conservation durant leur durée d’utilité administrative,
  • permettre de sélectionner, « de repérer » les archives définitives au moment de la préparation des versements.

Pour cela, les agents doivent régulièrement transférer leurs dossiers dans le local de préarchivage, en indiquant à leur correspondant archives :

  • le nombre de boîtes déposées ;
  • leur localisation ;
  • le contenu des boîtes ;
  • les dates extrêmes des documents qu’elles contiennent ainsi que l’année de fin de DUA.

Le correspondant archives enregistre ces informations sur un tableau qu’il met à jour à chaque entrée ou sortie de boîtes. C’est donc lui qui contrôle l’accès et la sécurité des locaux de préarchivage.

Un peu de vocabulaire

Archives courantes : dossiers actifs, conservés dans le bureau
Archives intermédiaires : dossiers clos mais conservés par l’administration dans un local de préarchivage pour des raisons d’activité du service ou de prescription légale
Archives définitives (ou historiques) : dossiers versés aux Archives départementales pour être conservés définitivement.

Le rôle du correspondant archives

Relais essentiel entre les services et les archivistes, le correspondant archives est un agent sensibilisé et formé par les archivistes.

Il est identifié par sa hiérarchie et ses collègues comme personne ressource sur les principales questions relatives aux archives. Il gère aussi le local de préarchivage et centralise les demandes de visa d’élimination et de versement. Il aide et conseille ses collègues mais ne fait pas le travail à leur place. La Circulaire du 2 novembre 2001 relative à la gestion des archives dans les services et établissements publics de l'État et à la nomination et au rôle des correspondants archives.

À savoir

  • La destruction d’archives publiques sans visa est illégale
  • Les archives publiques sont imprescriptibles et inaliénables
  • Le service producteur peut être amené à communiquer des documents ou des données aux citoyens

Pôle des patrimoines de Vaucluse Memento

Archives modernes et contemporaines

180 rue Rosalie Bordas
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