Qu’est-ce donc ? Un spectacle nocturne dans les jardins de Versailles ? Une nouvelle réalisation de Michel Ocelot ? Des robes de princesse à sequins multicolores ?

Un faux objet mystère

Catalogue des établissements de pyrotechnie P. Jacquin (détail), 1914 (AD Vaucluse 1 J 1226)
Sous ses allures de spectacle nocturne ou de robes à sequins, le visuel révèle en réalité un détail du catalogue publicitaire d’un artificier vauclusien.
Désamorcer le mystère
Mieux vaut désamorcer ce faux objet mystère qui éclaterait comme un vrai pétard mouillé et vendons la mèche : il s’agit d’un détail des pages intérieures du catalogue paru en 1914 de l’artificier P. Jacquin.
Une manufacture illustrée
Sur la première page de l’imprimé publicitaire, en haut à gauche, une illustration figure la manufacture et ses différents bâtiments dont les affectations sont précisées sur les façades : illuminations, ateliers, bureaux, menuiserie, annexe, fabrique de drapeaux.
Une cheminée marque l’entrée de l’usine où se croisent des ouvriers et des charrettes.
En arrière-plan, un train de marchandises et l’incontournable mont Ventoux.
Pyrotechnie française
À droite de la composition se trouve l’en-tête de présentation de l’entreprise surmontée de sa spécialité : « Pyrotechnie française ».
P. Jacquin est le successeur des établissements Ulpat et Cie, son usine est installée à Monteux.
Outre les feux d’artifice, la manufacture propose des fusées paragrêles, des drapeaux, des bannières et des décorations officielles détaillées sur les feuillets 2 et 3.
Monteux et la pyrotechnie

Catalogue des établissements de pyrotechnie P. Jacquin (détail), 1914 (AD Vaucluse 1 J 1226)
Les dernières pages du catalogue révèlent toute une imagination pyrotechnique et rappellent la place de Monteux dans l’histoire des feux d’artifice.
Des compositions de feux d’artifice
Les dernières pages du catalogue présentent de nombreuses compositions de feux d’artifice.
Sous les expressions Cascade Pétrarque, La mignonne électrique ou Le bassin des naïades se cachent des fééries pyrotechniques qui n’ont rien à envier à la production actuelle.
Monteux, capitale de la pyrotechnie
L’implantation de la manufacture sur la commune montilienne confirme sa réputation de capitale de la pyrotechnie.
Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, il y eut en effet 5 usines de fabrication de feux d’artifice.
La plus importante et la plus connue est la maison Ruggieri, dont le nom est inspiré des frères Ruggieri, artificiers du roi Louis XV.
De Ruggieri au spectacle contemporain
Après deux graves explosions en 1973 et 1977, l’entreprise Ruggieri, trop proche du centre-ville de Monteux, est déplacée sur les extérieurs de la commune pour être finalement délocalisée dans le sud-ouest en 1990.
Rachetée en 1997 par son concurrent Lacroix, elle est encore en activité.
D’ailleurs, chaque été depuis 1989, la municipalité montilienne lui passe commande pour un spectacle pyrotechnique grandiose et innovant.
Poudres et explosifs

Règlement du vice-légat Acquaviva d'Aragona sur les poudres et salpêtres, 1752 (AD Vaucluse 9 J 2/48)
Les documents conservés aux Archives départementales de Vaucluse montrent que la fabrication de poudres et d’explosifs fut une activité remarquable dans le département.
Une économie florissante à explorer
À l’aune des documents conservés aux Archives départementales de Vaucluse, il apparaît que la fabrication de poudres et explosifs fut une activité remarquable dans le département.
Les archives sur la règlementation des poudres et salpêtres sous l’Ancien Régime, comme les dossiers contemporains sur la SNPE — société nationale des poudres et explosifs — ou les papiers à en-tête des artificiers de spectacle au XIXe siècle, sont les traces d’une économie florissante qui mériterait une exploration approfondie.
Joyeuse Fête nationale du 14 juillet même sans feu d’artifice…




