Remontons le temps d’à peine quelques décennies, à une époque où d’anciens colons français venaient repeupler nos campagnes.

L’histoire des Banatais

Groupes ethno-linguistiques du royaume de Hongrie en 1910
Les Banatais sont pour la plupart des descendants de Lorrains et d’Alsaciens partis s’établir dans la région du Banat de Temesvar entre le XVIIIe siècle et la fin du XVIIIe siècle.
Un départ vers le Banat de Temesvar
Connaissez-vous l’histoire des Banatais ?
Pour la plupart, descendants de Lorrains et d’Alsaciens, ils quittent le royaume de France sur l’invitation de l’empereur du Saint-Empire germanique Charles VI, pour s’établir entre 1717 et 1790 dans la région du Banat de Temesvar, située dans la partie hongroise de l’Autriche.
Un territoire éclaté après 1918
En 1918, le démantèlement de l’empire austro-hongrois fait éclater ce petit pays, partagé entre la Hongrie, la Roumanie et la Yougoslavie par le traité de Saint-Germain.
Durant la 2e Guerre mondiale, beaucoup de Banatais, devenus germanophones avec le temps, sont enrôlés dans l’armée allemande.
À partir de 1944, ces anciens colons deviennent la proie de l’allié russe, nouvel occupant de la région.
Une somme d’événements déclencheurs qui annoncent un long processus de retour au pays…
Le retour au pays
Après la guerre, une question se pose : où implanter cette population déracinée et meurtrie ?
Où implanter une population déracinée ?
Une question se pose alors : où implanter cette population déracinée et meurtrie ?
Grâce à l’action conjointe de deux hommes, Robert Schuman, président du Conseil français — 1886-1963 —, et Jean Lamesfeld — 1909-1981 —, président du Comité des Français du Banat, 12 000 personnes retrouvent le sol français entre 1950 et 1963.
Elles s’implantent en Lorraine, en Alsace et dans le Sud de la France.
La Roque-sur-Pernes
À partir de 1950, La Roque-sur-Pernes accueille des familles banataises venues contribuer à la reconstruction et au repeuplement du village.
Une première famille installée en 1950
C’est dans ce contexte qu’Édouard Delebecque, maire de La Roque-sur-Pernes, et Jacques Boissier, préfet de Vaucluse, avalisent dès le 18 octobre 1950 l’installation d’une famille banataise de 7 personnes.
Une quinzaine d’autres familles suivront pour faire revivre le village agonisant, abandonné par sa population partie « travailler à la ville ».
Les tables décennales 1933-1942, conservées aux Archives de Vaucluse, comptabilisent alors :
- 2 naissances ;
- 5 mariages ;
- 15 décès.
Les « nouveaux Provençaux »
Réputés consciencieux et travailleurs, ces « nouveaux Provençaux » vont s’employer à reconstruire le village et à faire fructifier les terres.
L’avant/après ci-dessous illustre cette transformation.

Rue du Banat, La Roque-sur-Pernes, 1952-1953

Rue du Banat, La Roque-sur-Pernes, après 1953




