Il y avait du monde sur le parvis de la gare de Sorgues ce dimanche 18 août 2024 pour honorer la mémoire des déportés du "train fantôme". L’occasion pour les archives départementales de Vaucluse de vous faire part de l'entrée d'un fonds privé portant sur ce douloureux chapitre de l’histoire contemporaine.

Un convoi de déportation
En 1944, alors que la Libération est en cours, le retrait des troupes d’occupation reste progressif et laisse encore derrière lui de nombreuses victimes.
Les dernières victimes de la barbarie nazie
En cette année de commémoration des 80 ans de la Libération, rappelons que le retrait des troupes d’occupation fut progressif.
Jusqu’à la capitulation du Troisième Reich le 8 mai 1945, nombre de femmes et d’hommes furent les victimes ultimes de la barbarie nazie, à l’image des déportés du « train fantôme », dont plus de 250 n’en réchapperont pas.
Un départ depuis Toulouse
Le 3 juillet 1944, un train réquisitionné par l’occupant en gare de Toulouse entame son macabre périple pour Dachau.
Au fil d’un itinéraire chaotique, en raison de détours et d’arrêts forcés provoqués par des opérations de sabotage de la Résistance, jusqu’à 724 déportés, résistants, détenus politiques ou simples étrangers, vont se trouver parqués dans des wagons à bestiaux, sous la surveillance brutale de la police militaire allemande.
Roquemaure-Sorgues
Le 18 août 1944, le convoi est bloqué à Roquemaure : les déportés doivent poursuivre à pied jusqu’à la gare de Sorgues.
Le pont ferroviaire détruit
Le 18 août 1944, bloqués dans la commune gardoise de Roquemaure pour cause de pont ferroviaire détruit, les malheureux passagers se voient contraints, sous un soleil de plomb et la menace des armes ennemies, de poursuivre à pied jusqu’à la gare de Sorgues.
Là, un nouveau train composé à la hâte les attend pour une prochaine étape : Pierrelatte.
Une trace indélébile
La traversée de ce triste convoi sous escorte nazie, duquel certains parvinrent à s’échapper, seuls ou aidés par la population, laissa une trace indélébile dans les esprits des témoins d’alors.
Le fonds Teissier

Mme Jeannine Teissier et sa fille, Sorgues, 18/08/2024
Le souvenir du passage du train fantôme à Sorgues est à l’origine d’un patient travail de mémoire mené à partir de 1990 par Charles Teissier et Robert Silve.
Charles Teissier et Robert Silve
C’est le souvenir de cet épisode qui est à l’origine de l’œuvre entreprise en 1990 par Charles Teissier et Robert Silve.
Durant plusieurs années, ils vont aller à la rencontre des rescapés et des témoins afin de collecter leurs témoignages.
Un don aux Archives départementales
Les deux initiateurs sont aujourd’hui décédés, mais le fruit de cette démarche mémorielle a été soigneusement conservé par l’épouse de M. Teissier.
En juillet de cette année, Jeannine Teissier a fait don de ce généreux travail aux Archives départementales de Vaucluse.
Gageons que les historiens sauront tirer parti de ce recueil de récits à la fois remarquables et essentiels.
Pour aller plus loin
Le PDF source propose plusieurs ressources pour prolonger l’histoire du train fantôme, du fonds Teissier et de la commémoration de 2024.
Ressources complémentaires
- Discours de Jean-Daniel Simonet, fils de Jacques Simonet déporté, à l’occasion du 80e anniversaire de l’épisode du train fantôme le 18 août 2024
- Notice du fonds Teissier – train fantôme — Arch. dép. Vaucluse 228 J
- La marche du "train fantôme" le 19 avril 2024
- Amicale des déportés du train fantôme
- Fondation pour la Mémoire de la Déportation
- Juillet-Août 1944, le Train Fantôme — France Inter




