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La Patrie reconnaissante

Après la signature de l’armistice de la Grande Guerre le 11 novembre 1918, la France panse ses plaies. Le pays procède au décompte macabre de ses victimes et à l’estimation des pertes économiques. Pour se relever et se reconstruire, une étape essentielle : rendre hommage aux morts pour la Patrie.

Des chiffres éloquents

La Grande Guerre en France et en Vaucluse

Après quatre années de guerre, le bilan humain est considérable, à l’échelle nationale comme dans le département de Vaucluse.

Le bilan humain de la Grande Guerre

  • 1,4 million de soldats français et coloniaux tués, dont 300 000 civils, soit 27 % d’hommes de 20 à 27 ans tués.
  • 3 millions de blessés, dont plus d’1 million d’invalides — amputés, mutilés, aveugles, sourds, gueules cassées.
  • Dans le département, 45 000 Vauclusiens mobilisés, environ 8 000 soldats tués et au moins 20 000 blessés.

Honorer les morts pour la France

La loi du 25 octobre 1919

Pour honorer la mémoire des disparus, la loi du 25 octobre 1919 instaure plusieurs mesures de commémoration et de glorification des morts pour la France.

Une loi de commémoration nationale

Pour honorer la mémoire des disparus, le Sénat et la Chambre des députés adoptent la loi relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande Guerre.

Elle est promulguée le 25 octobre 1919.

Les mesures instaurées

Le texte instaure différentes mesures :

  • la tenue de registres de « morts pour la France », conservés au Panthéon ;
  • la remise de livres d’or aux communes ;
  • l’érection d’un monument aux morts à Paris ou dans ses environs ;
  • des subventions aux communes en proportion des efforts de glorification de leurs héros ;
  • des cérémonies annuelles.

Il précise aussi que les dispositions sont applicables à l’Algérie et aux colonies.

Le monument de Grambois

Un projet conservé sous la cote 4 T 63

Dans l’élan patriotique de l’après-guerre, les municipalités souhaitent doter leurs communes d’un cénotaphe en l’honneur des héros de guerre.

Des monuments dans les communes

Dans un élan patriotique unanime, les municipalités sont désireuses de doter leurs communes d’un cénotaphe en l’honneur des héros de guerre, encouragées en cela par les aides de l’État et les souscriptions publiques.

Pour canaliser l’afflux de propositions, le ministère de l’Intérieur met en place le 20 mai 1920 des commissions artistiques départementales chargées d’examiner chaque dossier.

C’est le projet de la commune de Grambois que nous exhumons pour les 102 ans de la signature de l’armistice — cote archives 4 T 63.

Du plan au monument réalisé

L’édifice en pierres de taille, visible dans le cimetière communal, n’est pas l’exacte réplique du plan, élaboré par Léopold Bulla, sculpteur « estatuaire » à Avignon, et Albert Tamisier, entrepreneur à Roussillon.

Érigé « Aux enfants de Grambois » et non « Aux Héros morts pour la Patrie », le monument comporte des détails sculptés supplémentaires, comme la croix de guerre entre deux palmes.

La statue du poilu au repos et en tenue de campagne a également une posture et un équipement différents du croquis.

Centenaire et ressources

Guide des sources et exposition itinérante

Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale ont suscité de nombreux projets et mises en ligne de ressources.

Les commémorations du centenaire

Les quatre années de commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale, de 2014 à 2018, ont suscité de nombreux projets et mises en ligne de ressources dans tout le pays.

Les Archives départementales de Vaucluse n’ont pas été en reste avec la publication d’un guide des sources très fourni et la réalisation d’une exposition itinérante gratuite, particulièrement appréciée par les établissements scolaires et les collectivités.