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Les abords d’un carrefour antique découverts à Robion ?

À quoi ressemblaient les abords de la fameuse route départementale D900, durant l’Antiquité ? Comment étaient reliées entre elles les grandes agglomérations d’Apt, Cavaillon, Carpentras et Avignon ? Les archéologues du Département vont en savoir plus grâce au diagnostic archéologique mené en avril, sur une parcelle située au niveau du rond-point du Four à Chaux, sur la commune de Robion.

Revenons en 2026

Le projet d’aménager une voie verte

Le Département a pour projet d’aménager une voie verte traversant cette parcelle, qui permettrait aux cyclistes de franchir la RD900 en sécurité grâce à un pont et rejoindrait la véloroute du Calavon.

Mais avant tous travaux, il était peut-être prescrire un diagnostic archéologique, c’est-à-dire une évaluation du potentiel archéologique du terrain, réalisée en sondant environ 10 % de la surface à aménager, pour voir s’il n’y a pas des vestiges enfouis.

C’est ce qui a été demandé ici. Car en 2011-2012 déjà, dans ce même secteur, avaient été trouvés lors d’un diagnostic de nombreux objets antiques, notamment un sarcophage, un gobelet en argent, une bague en or, des verreries…

Les archéologues ont mis au jour une portion de voie secondaire antique qui était certainement liée à la Voie Domitienne.

Un ancien carrefour avec des commerces ?

Les archéologues du Département s’attendaient donc à exhumer des vestiges sur cette parcelle.

Et ils n’ont pas été déçus puisqu’ils ont mis au jour plusieurs états d’utilisation d’une voirie antique et des vestiges funéraires.

« On a trouvé une portion de voie secondaire antique qui était certainement liée à la Voie Domitienne, qui passait de l’autre côté du rond-point », se réjouit Coralie Favero, archéologue au Département, responsable de l’opération.

On peut émettre l’hypothèse que ce croisement, où se rejoignent aujourd’hui la RD 900 et la RD 901, était déjà un embranchement routier 2 000 ans en arrière, qui desservait Apt, Cavaillon, Carpentras et Avignon.

Sur les abords de cette voie, ont été retrouvées des portions de murs délimitant la chaussée et d’autres dont on ignore encore l’utilité. Mais là encore, on peut imaginer sans en être sûrs qu’il a eu des établissements d’étape, des commerces au bord des voies. Un peu comme un relais routier en quelque sorte.

Cette découverte va permettre aux archéologues de mieux comprendre le maillage des réseaux de communication à l’époque.

Durant ce diagnostic, les archéologues ont trouvé une voirie antique et des vestiges funéraires.

Le mobilier archéologique étudié à Memento

Ils ont aussi mis au jour le long de cette voie deux urnes cinéraires, des vases destinés à accueillir les cendres de défunts, ainsi que quatre petites dalles faisant penser à une sépulture.

La présence de nécropoles le long des voies est en effet fréquente durant l’Antiquité.

Plusieurs fragments d’amphores ont également été extraits de ce sondage, ainsi qu’une urne en céramique des Alpilles, une production bien connue du Ier siècle avant notre ère, découverte sous les niveaux de circulation les plus anciens de la voirie et suggérant donc une occupation antérieure à la période antique.

Citation

« On a des sites de différentes périodes qui se superposent »
Coralie Favero

Un peu plus loin sur la parcelle, a aussi été découvert un drain, qui a la particularité d’avoir une couverture de dalles. « Mais on ne sait pas où il va, on ne peut pas le relier à un édifice », explique la responsable de l’opération.

Le diagnostic archéologique n’a pas encore livré tous ses secrets. Reste maintenant à étudier le mobilier archéologique prélevé au sein des locaux du service à Memento.

Un rapport sera ensuite remis au Service régional de l’archéologie (SRA) qui décidera si des investigations plus poussées, sous la forme d’une fouille préventive, sont nécessaires avant la réalisation du projet par la Direction de l’aménagement routier.