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Morland et Bayard

Les commémorations du 25e anniversaire de la mort de François Mitterrand sont l’occasion d’évoquer la mémoire d’un autre homme de gauche, résistant, qui aura marqué l’histoire du département : Jean Garcin

Jean Garcin

Un destin bouleversé par la guerre

Né à Fontaine-de-Vaucluse en 1917 dans une famille d’industriels papetiers, Jean Garcin semble destiné à reprendre une histoire familiale déjà bien ancrée sur les berges de la Sorgue.

Une naissance à Fontaine-de-Vaucluse

Le 11 janvier 1917 est la date qui figure sur l’acte de naissance à Fontaine-de-Vaucluse de Jean Lucien Siffrein Garcin.

Fils, petit-fils et arrière-petit-fils d’industriels papetiers installés sur les berges de la Sorgue, on pourrait croire à un destin tout tracé pour le jeune Jean. Ce ne fut pas le cas, la guerre allait passer par là.

L’entrée dans la Résistance

Alors étudiant à l’école d’ingénieurs à Grenoble, Jean Garcin a 20 ans lorsqu’il est incorporé au 7e régiment du génie d’Avignon. Démobilisé en 1940, le caporal-chef Garcin, spécialiste en explosifs, entre en résistance au printemps 1941.

La papeterie familiale fournit déjà du papier pour la propagande de la Résistance. Il devient par la suite responsable des Groupes francs de Vaucluse sous le nom de code « Bayard ».

Bayard dans la Résistance

Groupes francs, FFI et actions contre l’occupant

Sous le nom de Bayard, Jean Garcin prend progressivement des responsabilités majeures dans les Groupes francs puis au sein des Forces françaises de l’intérieur.

Les Groupes francs de la région 2

Au départ de Morlot pour Paris en 1943, Bayard prend les rênes des Groupes francs de la région 2. Peu avant le débarquement de Provence en 1944, Bayard se voit confier le commandement des Forces françaises de l’intérieur d’AptF.F.I. —, il est nommé par la suite inspecteur régional des FFI de la R2.

Durant ses années de résistant, le pays doit à Bayard et ses hommes pas moins de 40 actions contre l’occupant, couronnées de succès, allant du simple sabotage à l’élimination de nazis.

Les distinctions

Le 30 octobre 1957, il est fait officier de la Légion d’honneur, avec attribution de la croix de guerre 1939-1945 et les palmes.

Les Forces républicaines de sécurité

L’engagement du lieutenant-colonel Bayard dans la Résistance ne prend pas fin en 1944. Sur ordre du commissaire de la République Aubrac, il est nommé chef d’état-major des Forces républicaines de sécuritéF.R.S. —, une organisation chargée de lutter contre les ennemis de l’intérieur et le marché noir.

Jean Garcin quitte ses fonctions fin 1945 pour une autre forme d’engagement auprès des Vauclusiens : la politique.

* R2 : la région 2 comprend les départements Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Gard, Var, Vaucluse.

L’engagement politique

De Fontaine-de-Vaucluse au Conseil général

Après la guerre, Jean Garcin poursuit son engagement public à travers plusieurs mandats locaux et départementaux.

Plusieurs mandats en Vaucluse

Conseiller général du canton de l’Isle-sur-la-Sorgue comme avant lui son oncle Voltaire Garcin, maire de Fontaine-de-Vaucluse comme son père Robert Garcin — mort en déportation —, il accomplit plusieurs mandats, dont celui de président du Conseil général de Vaucluse de 1970 à 1992.

Les axes forts de sa présidence

Les axes forts de sa présidence concernent :

  • l’irrigation ;
  • le schéma routier ;
  • la construction de collèges.

La culture et le patrimoine

La culture n’est pas oubliée puisque on lui doit, parmi les réalisations les plus emblématiques :

  • l’Auditorium du Thor ;
  • le Musée de la Résistance ;
  • le Centre culturel artisanal Vallis Clausa à Fontaine-de-Vaucluse.

Il est également l’initiateur du premier Service départemental d’archéologie en France et du Centre de recherche sur la papauté d’Avignon.

Morland et Bayard

Une photographie du fonds Jean Garcin

La photographie montre la remise de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur à Jean Garcin par François Mitterrand.

Une remise de décoration en 1983

La photo qui illustre ce texte est tirée du fonds Jean Garcin, conservé aux Archives départementales de Vaucluse sous la cote 54 J.

Il reçoit de la main du Président François Mitterrand — dont le nom de code de résistant était Morland — la cravate de commandeur de la Légion d’honneur.

Cette remise eut lieu le 11 octobre 1983 et le cliché a été pris par le service photographique de la Présidence de la République française — mention obligatoire.

  • Garcin Jean, Nous étions des terroristes, Éditions A. Barthélémy, Avignon, 1996, 215 p.
  • Les fonds conservés aux Archives départementales de Vaucluse.
  • Le Musée d’Histoire Jean Garcin 39-45 à Fontaine-de-Vaucluse.