Hormis quelques touffes rebelles de pariétaires ou de cymbalaires sur les façades du « palais vieux » d'Avignon, point de jardin remarquable à visiter aux Archives départementales de Vaucluse, à moins que…

Des jardins dans les archives
À défaut de jardin remarquable à visiter sur place, les Archives départementales de Vaucluse offrent une autre promenade : celle des fonds documentaires.
Une visite d’un autre genre
À moins que, par visite, on entende consultation d’archives. En ce cas, l’interrogation des fonds vauclusiens répond avec efficacité à la thématique des rendez-vous annuels au jardin.
Parmi l’abondante moisson, un dossier sur un jardin public dans les archives de la préfecture avec le projet d’agrandissement du jardin Saint-Martial à Avignon.
Des jardins pour tous

Plans des jardins du château de Caderousse appartenant au duc de Gramont, XVIIIe siècle (AD Vaucluse 2 E 9/399)
Au XIXe siècle, les jardins publics changent de statut : ils ne sont plus seulement réservés aux élites, mais deviennent des espaces de détente et de respiration urbaine.
Des jardins aristocratiques aux jardins publics
Les jardins, autrefois apanage de l’aristocratie, ainsi que des communautés scientifiques et ecclésiastiques, s’ouvrent à la bourgeoisie après la Révolution française.
Les grands projets d’urbanisation commandés par Napoléon III au baron Haussmann et à l’ingénieur Alphand pour la capitale intègrent la réalisation de promenades, parcs et jardins.
Des oasis urbaines
Ces aménagements, pensés comme des espaces de détente et de flânerie, répondent aussi aux préoccupations hygiénistes de l’époque sur la circulation et la qualité de l’air.
Cette conception nouvelle des villes va essaimer dans le pays et contribuer à la démocratisation des jardins. Le peuple peut désormais jouir de ces oasis de verdure, de calme et de fraîcheur.

Square Agricol Perdiguier, Avignon, 2024 (c) AD Vaucluse

Carte postale : Avignon n° 29. Promenade du rocher des Doms. Bassin des cygnes, la Vénus aux hirondelles. – Éditions Artistiques IDEALE, cliché F. Beau, Avignon, vers 1930 (AD 7 FI 777)
Le jardin Saint-Martial
Un site avignonnais aux multiples vies
En 1880, la mairie d’Avignon envisage une série de travaux d’embellissement et de modernisation pour le jardin Saint-Martial, vestige du cloître Saint-Martial.
Ce site magnifique, à l’angle du cours Jean Jaurès et de la rue Jean-Henri Fabre, connut bien des transformations.
Il accueillit successivement le palais de la Reine Jeanne, une livrée cardinalice, un prieuré bénédictin, un monastère-collège ; il abrita le dépôt du musée Calvet jusqu’en 1833 et l’école normale d’instituteurs de 1835 à 1880.
Son église désaffectée devint musée d’histoire naturelle sous la direction de l’entomologiste Jean-Henri Fabre, nommé conservateur en 1866. L’édifice est converti en temple protestant en 1881.
Les travaux envisagés
Une évaluation de la dépense pour les travaux d’améliorations est établie le 18 juin 1880. Elle comprend :
- la construction d’une maisonnette pour le jardinier ;
- la couverture du canal de Vaucluse ;
- la clôture du jardin du côté de la rue Calade, aujourd’hui rue Jean-Henri Fabre ;
- la construction d’une pièce d’eau ;
- la construction d’une serre chaude dans les trois compartiments formés par les grands contreforts au sud du bâtiment Saint-Martial.
Un projet approuvé en 1881
Un grand plan sur calque très délicat accompagne le devis d’un montant de 29 000 frs ; le projet chiffré est approuvé par le préfet le 25 avril 1881.
Le jardin Saint-Martial, petit poumon de la cité, est rebaptisé plus tard square Agricol Perdiguier en hommage au compagnon menuisier du tour de France « Avignonnais la Vertu ».

Plan sur calque - vers 1880

Vue du dessus du palais et ses jardins - 2024




