Au-delà du déménagement, nous aimerions porter à votre attention l’histoire de certains de nos documents, quelques-uns atypiques et inattendus. Il y a quelques jours, le 20 novembre, la Journée internationale des droits de l’enfant était célébrée, une occasion pour nous de vous faire (re)découvrir un fonds en cours d’acheminement à Memento.

Un fonds en chemin vers Memento

Boîte renfermant le médailler (AD Vaucluse MED 1)
À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, les Archives départementales mettent en lumière un fonds singulier, composé de médailles et de dossiers liés à des enfants assistés.
Les premiers statuts des enfants abandonnés
Le décret du 19 janvier 1811 établit l’un des premiers statuts complets des services d’enfants abandonnés. Les enfants assistés sont divisés en 3 catégories :
- les enfants trouvés ;
- les enfants abandonnés ;
- les orphelins pauvres.
La protection de l’enfance à la fin du XIXe siècle
Par la suite, la loi Roussel du 24 juillet 1899 renforce la protection judiciaire de l’enfance maltraitée.
À la fin du XIXe siècle, le terme de « pupille de l’assistance » est choisi pour les catégories d’enfants mineurs dont la tutelle est exercée par la puissance publique.
Une histoire déjà amorcée avec Olga
L’année dernière, nous vous avions présenté la petite Olga, dont le dossier est disponible sur notre site internet, ainsi que l’actualité qui la mentionnait.
Les 63 autres pochettes contenant les 63 médailles d’autres enfants seront accessibles en salle de lecture lors de sa réouverture. Pour tous ces enfants, leurs dossiers sont disponibles dans la série 3 X. Ces documents sont actuellement encore en place au Palais. Mais vous pouvez consulter l’instrument de recherche de l’assistance sociale sur notre site internet.
Pourquoi ces médailles comptent-elles ?
Ces médailles intéressent particulièrement les historiens, car elles témoignent de formes de piété et de protection symbolique attachées aux enfants.
Des signes de piété vauclusienne
Les historiens sont particulièrement sensibles à ces médailles car elles sont le signe de la piété vauclusienne de l’époque. Les personnes souhaitaient se mettre sous la protection de la Vierge Marie, dite la protection mariale. C’est le cas par exemple de la petite Louise Madeleine Alyrac, dossier 3 X 224.
Sur sa médaille nous pouvons lire "Marie prie pour nous". La protection peut être demandée à d’autres figures. François Joseph Martial Bernard, dossier 3 X 251, demande la protection de Notre Dame du Rosaire. Marie Andrée, dossier 3 X 226, possédait une médaille sur laquelle on avait gravé "Saint Gens préservez nous des fièvres". Saint Gens étant le saint protecteur de la ville de Monteux.
Outre les inscriptions, les rubans de couleur, tels des scapulaires, sont aussi un signe de piété : tandis que le bleu pouvait représenter l’Immaculée Conception, le rouge symbolisait la Passion du Christ.
Pour approfondir
Pour en apprendre plus, nous vous recommandons la lecture d’un texte de la Société des Amis du Palais des Papes, accessible sur gallica.bnf.fr.

Médailler, détails sur les contenus (AD Vaucluse MED 1)

Médailler, détails sur les contenus (AD Vaucluse MED 1)
Précision de communicabilité
L’accès aux médailles d’enfants est libre en salle de lecture, mais les dossiers d’aide à l’enfance obéissent à des règles de communicabilité précises.
Ce qui est librement accessible
L’accès aux médailles d’enfants est libre en salle de lecture, mais les dossiers d’aide à l’enfance sont soumis à des règles strictes. La personne concernée peut consulter les documents administratifs qui la touchent, sauf exceptions. Mais, les dossiers ne sont pas communicables :
- 50 ans s’ils contiennent des éléments relevant de la vie privée ;
- 100 ans s’ils concernent une affaire judiciaire, ou 25 ans après le décès de la personne ;
- 120 ans après la naissance s’ils incluent des données médicales, ou 25 ans après le décès.
Ainsi, dans la plupart des cas, les dossiers de la sous-série 3 X sont communicables et nous vous invitons, quand vous le pourrez, à découvrir le passé de ces enfants.




