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Trois crémations de Robion fouillées à Memento

Trois sépultures à incinération prélevées par le Service départemental d’archéologie à Robion sont à l'étude.

Le carrefour antique de Robion révélé par de nouvelles découvertes archéologiques

Parmi les découvertes réalisées à Robion ce mois d’avril, les vestiges attribués à trois sépultures à incinération avaient été prélevés par le Service départemental d’archéologie. Ils font désormais l’objet d’une fouille et d’une étude anthropologique.

En avril, le Service départemental d’archéologie est intervenu sur une parcelle jouxtant la RD900 à Robion. Dans ce secteur déjà connu pour son haut potentiel archéologique — différents diagnostics et surveillances de chantier durant les trente dernières années ont permis d’y révéler le passage d’une portion de la Via Domitia, ainsi qu’un certain nombre de sépultures, à crémation ou à inhumation, bordant l’axe de circulation — les sondages ont révélé les vestiges de voies secondaires, vraisemblablement antiques, le long desquelles se trouvaient de nouvelles sépultures.

Ces découvertes nous ont permis de préciser les connaissances sur les différents états du carrefour de Robion durant l’Antiquité.

Du diagnostic au traitement des crémations

Mais le diagnostic n’était qu’un début, car au retour à Memento, il s’agit désormais de traiter le mobilier et interpréter les résultats pour la rédaction du rapport d’opération. Parmi les prélèvements effectués lors du diagnostic, les restes attribués à trois crémations découverts en bordure de l’une de ces voies secondaires doivent désormais être traités dans nos locaux. Le Service d’archéologie a pour cette occasion fait appel à Lola Bonnabel, archéo-anthropologue à l’Inrap.

  • Des ossements sciés servent de référence pour faciliter l’identification des restes incinérés. Premier plan, Lola Bonnabel ; arrière plan, Mélodie Greuin.

  • Les vestiges d’une crémation prélevée dans le sédiment sont soigneusement triés avant d’être lavés et identifiés.

De l’urgence de la fouille à la salle d'études

L’archéologie préventive implique toujours une dimension d’urgence. Les archéologues n’ont que quelques semaines sur le terrain pour évaluer la présence de vestiges archéologiques, ce qui ne permet pas toujours une fouille approfondie. Pour une sépulture, dont la fouille nécessite un certain soin et une certaine minutie, il est fréquent de procéder à un prélèvement en motte, qui sera analysé par la suite, dans le confort d’une salle d’étude.

En fonction de l’état de conservation des crémations, différents protocoles ont été appliqués à leur étude : du tri à la fouille, le but étant de rassembler un maximum d’informations sur la position de découverte, les ossements préservés, ainsi que les éventuels objets pouvant accompagner les défunts.

  • Fouille de crémation en cours. Premier plan, Mélodie Greuin ; arrière plan, Paola Bussolaro de dos.

  • La fouille de la crémation (ici en urne) est soigneusement documentée par une photographie en vue de dessus.

Reconstituer les pratiques funéraires

La crémation est une pratique funéraire plurielle. Il en existe autant de variantes que de cultures la pratiquant, chacune avec ses gestes et ses traditions dont certains peuvent laisser des traces. Le rôle de l’archéo-anthropologue est de reconstituer ces gestes à partir de ce qu’elle observe sur le terrain. On parle alors de chaîne opératoire, pour désigner tous les processus intervenant entre le décès de l’individu et la découverte de sa sépulture. Ces processus ne sont pas tous délibérés, beaucoup relèvent de la taphonomie.

Dans le cas du diagnostic de Robion, il a ainsi été possible d’identifier un seul contenant avec certitude : une céramique presque complète qui a pu être recollée. Les deux autres crémations pourraient avoir été déposées dans un contenant en matière périssable, comme du bois ou un textile ; une hypothèse soutenue par la découverte d’un clou en fer lors du tri. Ce clou peut toutefois indiquer que les restes incinérés étaient accompagnés d’un dépôt de mobilier en bois.

Les premières observations permettent d’estimer que ces crémations seraient antérieures à la voie qu’elles bordaient et seraient donc attribuables à la Protohistoire.

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