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Un nouvel écrin pour le "Nicolas Dipre"

Œuvre/document d’une nature exceptionnelle, ce plan des îles du Rhône dressé par Nicolas Dipre en 1514, nécessitait un conditionnement et un encadrement adaptés garantissant la protection du parchemin et permettant la communication

Autour de l’œuvre

Nicolas Dipre et les îles du Rhône

Détail du plan levé par Nicolas Dipre sur les îles du Rhône, 1514

Ce plan dressé en 1514 par Nicolas Dipre est à la fois une œuvre graphique, une pièce de procédure et un document majeur pour l’histoire du Rhône et d’Avignon.

Un peintre actif à Avignon

Nicolas Dipre — ou d’Ypres, dit d’Amiens — est un peintre français.

Demeurant à Avignon entre 1495 et 1532, il a réalisé des œuvres connues du monde de l’art mais également divers travaux à la demande du pape ou de la ville d’Avignon, et notamment des documents cartographiques dont, hélas, il ne reste rien aujourd’hui.

Une pièce de procédure sur parchemin

Par chance, Nicolas Dipre réalisa des travaux pour d’autres commanditaires, comme ce plan dressé à la demande de Thomas de Galéan, seigneur des Issarts, dont les Archives de Vaucluse sont désormais propriétaires.

Il s’agit d’une pièce de procédure sur parchemin, exécutée en 1514 pour les besoins d’un procès opposant le seigneur des Issarts en Languedoc et le village de Barbentane en Provence, au sujet de la propriété d’une île du Rhône.

Le diagnostic

Un parchemin fragilisé

L’examen réalisé en 2018 révèle un parchemin de mouton en mauvais état de conservation, fragilisé par son ancien montage et par son exposition directe à la lumière et à la poussière.

Une œuvre sur parchemin de mouton

En 2018, l’examen après dépose du cadre révèle une œuvre réalisée sur parchemin de mouton, de dimensions 890 × 660 mm. Elle est en mauvais état de conservation en raison d’un doublage sur carton et d’une exposition directe à la lumière et à la poussière.

Des altérations visibles

Les ornements colorés et les écritures à l’encre rouge et brune ont fortement pâli. Le bois mélaminé, l’utilisation de punaises et les baguettes en contact direct avec le parchemin ont également accentué les effets de la détérioration.

Une restauration limitée par l’état du document

Il est à noter qu’un premier diagnostic réalisé en 2003 par le Centre Interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine — CICRP — à Marseille avait déconseillé une opération de dépoussiérage-gommage en raison des risques encourus pour une faible amélioration esthétique.

Si l’intervention sur l’œuvre elle-même ne peut être envisagée en raison aussi du caractère irréversible de ses dégradations, il convient de fixer son état par un conditionnement adapté à la conservation et à l’exposition ponctuelle.

Le traitement du plan

Nettoyer, consolider, protéger

Le traitement vise à stabiliser le document, à améliorer sa protection et à permettre sa communication sans mettre le parchemin en contact direct avec les matériaux d’encadrement.

Préparer le parchemin

Les baguettes et les punaises ôtées, le restaurateur procède à une aspiration de surface recto-verso. Il dépose ensuite les bandes de papier bleu des contours par décollage à l’humide avec l’application de méthylcellulose et de gels hydrauliques. Cette dépose du papier a également permis de dégager par endroit des parties cachées de l’œuvre.

Consolider les manques

Il consolide les manques au papier japon — 17 g/m² — avec séchage entre buvard. Il procède ensuite à la pose de bandes au verso et au recto qu’il colle à l’amidon de blé et à la méthylcellulose.

La mise en tension et le séchage se font sur karibari.

Un encadrement protecteur

Puis le parchemin est collé sur un carton de fond et un carton en nid d’abeilles très rigide avec des bandes de papier japon fort — 39 g/m² —, il est ainsi maintenu en tension pour conserver sa planéité. Les passe-partout sont alors découpés avec une fenêtre calculée pour donner une lisibilité à 100 % du document puis ils sont posés sur le plan. L’ensemble est protégé par un verre acrylique, avec une rehausse de 6 mm afin de ne pas mettre le plan en contact avec le verre.

Il est maintenu à l’aide de bandes de Tyvec gommé et une colle acrylique, complété d’un cadre pour un meilleur rendu et une meilleure protection.

  • Châssis traditionnel utilisé pour la mise à plat des rouleaux et des objets d’art japonais.

Un nouvel écrin pour le "Nicolas Dipre"