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L'œuvre de Firmin Meyer

Ou la délicate conservation des fonds photographiques

Dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, focus sur le travail d'un photographe qui enchanta le Vaucluse et sur la délicate question de la conservation des supports photographiques.

Photographie noir et blanc

Un photographe amoureux du Vaucluse

Et plus particulièrement du Comtat Venaissin
Photographie noir et blanc d'un homme d'une cinquantaine d'année à lunettes arrondies

Portrait de Firmin Meyer (Arch. dép. Vaucluse Biblio 3166)

Firmin Meyer enchanta le département avec ses clichés en noir et blanc.

Le photographe Firmin Meyer, de son vrai prénom Célestin, naît à Nîmes en 1899.
Étudiant aux Beaux-arts, il se consacre tout d'abord au dessin, discipline vers laquelle il se tourne de prime abord. À la faveur d'une formation sur la photographie, il débute sa carrière de photographe à la maison Châteauneuf. De Tarascon où il vivait, Firmin Meyer s'installe à Carpentras pour prendre la suite du photographe Rigaud, dans son local établi sur l'allée des Platanes. Il ouvre le Studio d’art photographique Firmin Meyer au printemps 1927.

Il s'associe dans le même temps avec celui qui deviendra l’un de ses plus chers amis, le peintre Pierre de Champeville, et il devient l’une des références vauclusiennes en photographie. Ses clichés sont nombreux. Il immortalise sous toutes ses coutures le mont Ventoux, et laisse une empreinte indélébile dans la mémoire vauclusiennes Nos fonds d'archives recèlent bon nombre de ses prises de vues.

Triptyque de cartes postales en noir et blanc, réalisées par les éditions F. Meyer.

  • Photographie noir et blanc

    Carte postale de la course internationale d'autos au mont Ventoux. Un garage de voitures sur le plateau de l'arête ouest du versant nord du mont Ventoux (1912 m. d'altitude). Cliché F. Meyer, Carpentras, avant 1920 (Arch. dép. Vaucluse 7 Fi 152/99)

  • Photographie noir et blanc

    Carte postale du mont Ventoux, avec une vue sur les ruines du château du Crestet (Vaucluse). Éditions Firmin Meyer, Carpentras, vers 1930 (Arch. dép. Vaucluse 7 Fi 152/102)

  • Photographie noir et blanc

    Carte postale du mont Ventoux (Vaucluse 1912 mètres d'altitude). Refuge des sports d'hiver. Éditions F. Meyer, avant 1920 (Arch. dép. Vaucluse 7 Fi 152/43)

Couverture de "Tablettes d'Avignon et de Provence" n°252, 1er mars 1931 (Arch. dép. Vaucluse 3 Per 37/10)

Pour la Revue du Touring-club de France, Meyer signe un cliché du mont Ventoux ; il accompagne un article non signé, dont on peut supposer que la rédaction est l’œuvre de Pierre de Champeville. Par les mots et par l’image, ils rendent hommage au poète Pétrarque qui accomplit en son temps l’ascension du Ventoux. Le document est consultable sur le site Gallica de la BnF.

Dans le journal les Tablettes d’Avignon et de Provence, les deux compères s'allient à nouveau pour publier une véritable « ode » aux sports d’hiver sur le Ventoux. Firmin Meyer réalise les photographies qui serviront de première de couverture au fascicule n°252 du 1er mars 1931 et les textes visent à renforcer le tourisme en région. Ils ont du reste beaucoup œuvré pour sa promotion en planifiant de nombreuses actions touristiques.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Firmin Meyer devient, à la suite de Pierre de Champeville, président du Syndicat d’Initiative de Carpentras en 1950. Il sera également vice-président de la Chambre départementale de tourisme de Vaucluse. C’est également le duo Meyer-Champeville qui inaugure le 8 octobre 1950 la route de Sault qui mène jusqu’au chalet Reynard.

Cette même année, Meyer et son associé depuis 1946 René Porte, s’entendent pour dissoudre leur maison d’édition, la SARL Meyer-Porte et Cie, photographie.

Dans sa carrière, de grands noms vont faire appel au talent de Firmin Meyer, comme Jean Cocteau ainsi que des auteurs provençaux tels que Jean Giono, Marie Mauron ou Maurice Pezet. Rappelons enfin qu’il fut le photographe attitré de la préfecture de Vaucluse. Il s’éteint à Carpentras le 19 septembre 1976.

Le fonds photographique est acquis par le Service culture et patrimoine de la Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (CoVe) en 2017, puis classé et valorisé par une étudiante en Master 2 Archives et Images [En savoir plus]

La délicate conservation des archives photographiques

Photographie noir et blanc

Exemple d'une plaque de verre altérée sur les bords. Photographie du lieutenant Félix Marie sur un cheval, vers 1900 (Arch. dép. vaucluse 30 FI 61)

Les archives photographiques, en raison de la nature de leur support, de leur constitution et de l’historique de leur stockage, rendent difficile leur sauvegarde et leur conservation.

En 1839, l’astronome et chimiste anglais John Herschel (1792-1871) introduit deux termes qui continuent de faire référence : les photographies positives et les photographies négatives.

La définition de la photographie a quelque peu évolué depuis l’apparition du numérique, mais l’on retiendra le principe suivant :

La photographie désigne l’action de figer une image visible et durable par le rayonnement visible ou invisible sur un support.

Étymologiquement, le terme « photographie » signifie « écrit par la lumière » (du préfixe « photo- » [φωτoς, photos : lumière, clarté] et du suffixe « -graphie » [γραφειν, graphein : peindre, dessiner, écrire]). Ce procédé technique donne naissance à une combinaison de plusieurs matériaux. Le support, qui constitue la couche la plus épaisse, peut être en métal, en papier, en verre, en plastique, ou en toile. Il est recouvert d’une couche transparente - un liant de gélatine, d’albumine ou de collodion - qui renferme les particules métalliques, les pigments et les colorants formant l’image. En fonction des combinaisons des matériaux qui la composent, la stabilité chimique de la photographie varie sensiblement.

L’installation du service des archives à Memento a permis d’améliorer considérablement les conditions de conservation de ces clichés. Aujourd’hui, les images non colorées sont conservées dans un magasin plus froid que les autres, entre 15°C en hiver et 20°C en été, et les images colorées sont conservées dans un espace encore plus frais, une chambre froide maintenue à 12°C en moyenne.

Dans ces deux magasins, l’hygrométrie est maintenue autour de 40 %

Dans ces deux magasins, l’hygrométrie est maintenue autour de 40 %

  • Espace clos éclairé de néons, des boîtes cartonnées reposent sur des rayonnages métalliques

    Chambre froide destinée à la conservation des archives photographiques et audiovisuelles à Memento, 2026

  • Espace clos éclairé de néons, des boîtes cartonnées reposent sur des rayonnages métalliques

    Magasin d’archives photographiques à Memento, 2026

  • Thermostat d'un magasin réfrigéré à Memento

Une conservation dans un environnement froid et sec permet de ralentir la dégradation qui reste toutefois inévitable pour certains types de supports photographiques. Par exemple, les films négatifs en couleurs s’altèrent dans l’obscurité. Lorsque la température ou l’humidité sont trop élevées, des phénomènes chimiques d’auto-dégradation apparaîssent et détériorent rapidement les documents. Des normes de conservation ont été instaurées : elles imposent des fourchettes thermo-hygrométriques distinctes selon la typologie des images, sans qu’il y ait systématiquement de plage commune universelle. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de regrouper les collections par catégories homogènes (procédés couleur, plaques de verre, etc.). Il faut, par ailleurs, trouver un compromis entre ces exigences de préservation à long terme et la nécessité de limiter la consommation énergétique du bâtiment.

Outre la conservation dans des espaces réfrigérés, les archivistes privilégient le conditionnement des photographies dans des pochettes en papier avant de les mettre en boîte. Selon le cas, il est préférable d’opter pour des pochettes transparentes en polyester.

Enfin, la numérisation constitue un véritable atout pour la préservation de ces collections, en particulier pour la conservation des négatifs. Elle est une alternative qui dispense de manipuler les originaux et contribue de cette façon à pérenniser les documents. Un grand nombre de nos fonds photographiques sont aujourd’hui consultables en ligne. Ils sont, pour la plupart, cotés en Fi (fonds iconographiques).

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